Fiche Google créée sans votre consentement : comment la faire supprimer

Vous tapez votre nom sur Google et vous découvrez une page d'établissement que vous n'avez jamais créée. Votre nom, votre adresse, votre spécialité, parfois une géolocalisation et des avis anonymes, le tout affiché publiquement sans que vous ayez donné le moindre accord. C'est une situation extrêmement courante, et beaucoup de professionnels ignorent qu'elle est, dans de nombreux cas, illégale.
Cet article vous explique comment Google peut générer une fiche sans votre consentement, ce que dit précisément le RGPD et la jurisprudence récente, et comment faire supprimer cette page de Google de façon durable.
Google peut-il créer une fiche à votre nom sans votre accord ?
Oui, et c'est même son fonctionnement par défaut. Google génère automatiquement des fiches d'établissement à partir de données collectées indirectement, auprès d'annuaires, d'opérateurs ou de sources publiques, sans vous prévenir ni vous demander votre avis. Vous n'êtes informé de rien, et la fiche existe parfois depuis des mois quand vous la découvrez.
Pire, pour répondre aux avis ou tenter de reprendre la main, Google vous impose de créer un compte, donc d'entrer dans son écosystème commercial. Vous vous retrouvez contraint d'adhérer à un service que vous n'avez jamais demandé, simplement pour gérer une page subie.
Une fiche Google sans consentement est-elle légale ? Ce que dit le RGPD
C'est le coeur du sujet. Une fiche affichant votre nom associé à votre profession et à votre adresse constitue un traitement de données à caractère personnel, soumis au RGPD. Pour être licite, ce traitement doit reposer sur une base légale : votre consentement, ou un intérêt légitime qui ne porte pas une atteinte disproportionnée à vos droits.
Google invoque généralement l'intérêt légitime, au nom du droit du public à l'information. Mais la justice rejette de plus en plus cet argument. Dans un arrêt du 22 mai 2025, la cour d'appel de Chambéry a ordonné la suppression de la fiche d'une chirurgienne-dentiste créée sans son consentement, jugeant le traitement illicite faute de base légale valable. La cour a relevé la finalité commerciale masquée de Google, et a condamné le groupe à supprimer la fiche sous astreinte, à verser 10 000 euros de dommages et intérêts et à prendre en charge 40 000 euros de frais de procédure.
Cette décision s'appuie sur deux droits fondamentaux du RGPD : le droit à l'effacement, prévu par l'article 17, et le droit d'opposition, prévu par l'article 21. Elle relève aussi que Google manque à son obligation d'information, prévue par l'article 14, lorsqu'il collecte des données indirectement sans jamais en avertir la personne concernée.
La portée dépasse les professionnels de santé. Artisans, commerçants, professions libérales et indépendants sont tous concernés par ce principe : une plateforme ne peut pas imposer une présence en ligne non consentie.
Vos deux droits clés, opposition et effacement
Face à une fiche subie, le RGPD vous donne deux leviers complémentaires.
Le droit d'opposition, prévu par l'article 21, vous permet de vous opposer au traitement de vos données, notamment lorsqu'il sert des finalités de prospection commerciale, ce qui est précisément le reproche fait à Google.
Le droit à l'effacement, prévu par l'article 17, vous permet d'exiger la suppression de vos données lorsque le traitement est dépourvu de base légale. C'est le fondement le plus direct pour obtenir le retrait complet de la fiche.
Combinés, ces deux droits constituent une base juridique solide, celle sur laquelle reposent les décisions favorables aux professionnels.
Comment faire supprimer une fiche Google créée sans votre accord
La démarche se construit par étapes.
D'abord, une demande de suppression adressée à Google, fondée sur l'article 17 du RGPD et sur l'absence de consentement. En pratique, Google refuse souvent dans un premier temps, en invoquant son intérêt légitime.
Ensuite, une mise en demeure formelle adressée à Google Ireland Limited, l'entité qui traite les données des utilisateurs européens. C'est l'étape décisive, car une mise en demeure correctement construite change la nature du dossier.
En cas de blocage, la CNIL peut être saisie, et une action judiciaire reste possible, comme l'a montré l'affaire de Chambéry.
Pour faire disparaître une fiche subie, vous pouvez aussi consulter notre guide complet sur la suppression d'une page Google, qui détaille l'ensemble de la procédure.
Pourquoi confier cette démarche à ReputaWeb
Mener seul cette procédure est long et incertain, surtout face aux refus initiaux de Google. C'est là que notre accompagnement fait la différence.
Chez ReputaWeb, nous construisons une mise en demeure documentée, fondée sur l'article 17 du RGPD et sur la jurisprudence récente, adressée à Google Ireland. Cette démarche obtient la suppression de la fiche et bloque sa recréation. Les professionnels de santé représentent 60% de nos dossiers, et nous traitons aussi les avocats, les notaires et les indépendants.
La suppression intervient en moyenne sous sept jours, et sur les dossiers acceptés après analyse, le taux de réussite est de 100%. Vous ne payez qu'après suppression constatée, et nous n'avons jamais besoin de vos identifiants Google. Pour aller plus loin, consultez notre analyse de 1000 dossiers.
Une fiche est apparue à votre nom sans votre accord ? Nous analysons gratuitement votre situation. Paiement uniquement après suppression constatée.
Ce que vous gardez après la suppression
Supprimer une fiche créée sans votre consentement n'affecte pas votre visibilité réelle. Vos patients et clients continuent de vous trouver par votre nom, votre spécialité et votre adresse. Votre site, votre référencement naturel et votre présence sur les annuaires professionnels, Doctolib ou les GPS restent intacts.
Vous ne perdez que la fiche subie et ses avis, c'est-à-dire précisément ce que vous n'aviez jamais choisi d'exposer. Pour le cas particulier des médecins, avis négatif médecin détaille les recours spécifiques.
Questions fréquentes
Conclusion
Découvrir une fiche Google créée sans votre consentement n'a rien d'une fatalité. Le RGPD vous protège, la jurisprudence récente confirme votre droit à l'effacement, et la suppression de la page est non seulement possible mais durable. La clé est une démarche juridique bien construite, adressée à la bonne entité, qui transforme un refus initial de Google en suppression définitive. Pour les cas où la fiche est associée à un suppression de fiche Google Business Profile, la même méthode s'applique.
À propos de l'auteur
Lohann Sicamois est le fondateur de ReputaWeb, cabinet spécialisé dans la suppression de fiches et de pages Google et la protection de l'e-réputation des professionnels réglementés. ReputaWeb a traité plus de 1000 dossiers fondés sur le droit à l'effacement, avec un paiement conditionné à la suppression constatée.
Sources
Cour d'appel de Chambéry, arrêt du 22 mai 2025, n° 22/01814. Article 17 du RGPD sur le droit à l'effacement. Article 21 du RGPD sur le droit d'opposition. Article 14 du RGPD sur l'obligation d'information.