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Suppression de la fiche Google d'un médecin : tutoriel complet 2026

Comment supprimer définitivement la fiche Google d'un médecin ? Secret médical, RGPD, jurisprudence Chambéry 2025 : tout ce que vous devez savoir.

Suppression de la fiche Google d'un médecin : tutoriel complet 2026

En résumé : la suppression de la fiche Google d'un médecin repose sur le RGPD et le secret médical. Depuis l'arrêt de la Cour d'appel de Chambéry du 22 mai 2025, cette suppression est juridiquement validée et obtenue généralement en 7 à 14 jours.

1. Pourquoi un médecin ne peut pas gérer sa fiche Google comme les autres professionnels

La suppression de la fiche Google d'un médecin n'est pas un caprice. C'est une nécessité imposée par le cadre légal de l'exercice médical.

Contrairement à un restaurateur ou un commerçant, un médecin est soumis au secret médical prévu par l'article R.4127-4 du Code de la santé publique. Ce secret couvre tout ce qui est venu à la connaissance du médecin dans l'exercice de sa profession : non seulement ce qui lui a été confié, mais aussi ce qu'il a vu, entendu ou compris. La violation de ce secret est sanctionnée par l'article 226-13 du Code pénal d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende.

Concrètement, un médecin qui reçoit un avis négatif affirmant « diagnostic erroné » ou « refus de prescription » ne peut pas répondre publiquement. Confirmer ou infirmer l'existence même d'une relation thérapeutique constituerait déjà une violation du secret médical. Le médecin est donc structurellement dans l'impossibilité de se défendre face aux avis publiés sur sa fiche Google.

Cette asymétrie fondamentale entre le patient qui peut écrire ce qu'il veut, anonymement, sans vérification, et le médecin qui est condamné au silence, est précisément ce qui rend la suppression de la fiche Google du médecin non seulement légitime, mais juridiquement fondée.

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2. Comment Google crée les fiches des médecins sans leur consentement

La fiche Google Business Profile d'un médecin n'est presque jamais créée par le médecin lui-même. Google génère automatiquement ces fiches à partir de données publiques : annuaires professionnels, site du Conseil National de l'Ordre des Médecins, Pages Jaunes, Doctolib, Ameli.

Le médecin découvre généralement l'existence de sa fiche en tapant son nom dans Google, souvent à l'occasion d'un premier avis négatif. Il n'a reçu aucune notification de la part de Google. Il n'a donné aucun consentement. Il n'a signé aucune condition d'utilisation.

Et pour pouvoir simplement modifier les informations de sa propre fiche, ou tenter de répondre aux avis, il est contraint de créer un compte Google et d'accepter les conditions d'utilisation du service. La Cour d'appel de Chambéry a qualifié cette situation d'« adhésion forcée à un service commercial ».

Cette absence totale d'information préalable constitue une violation de l'article 14 du RGPD, qui impose au responsable du traitement d'informer la personne concernée lorsque les données n'ont pas été collectées directement auprès d'elle.

3. Les quatre méthodes qui ne fonctionnent pas

Première méthode : supprimer la fiche via son compte Google Business Profile. Si le médecin a revendiqué sa fiche, il peut cliquer sur « Supprimer cette fiche d'établissement ». En réalité, cette manipulation ne supprime que l'accès de gestion. La fiche reste visible. Les avis restent affichés. Et dans de nombreux cas, la fiche réapparaît spontanément car Google la recrée à partir de ses sources de données.

Deuxième méthode : marquer l'établissement comme « fermé définitivement ». C'est la pire option. La fiche reste visible mais affiche désormais « Fermé définitivement » en rouge. Les patients en déduisent que le médecin a cessé son activité. Les avis et la note restent visibles. Le médecin a ajouté un problème sans résoudre le premier.

Troisième méthode : signaler la fiche à Google via Google Maps ou le support Google Business Profile. Dans plus de 90 % des cas, Google refuse la suppression. La réponse standard est « cette fiche respecte nos règles de la communauté ». Google n'a aucun intérêt économique à supprimer des fiches qui génèrent du trafic et des revenus publicitaires.

Quatrième méthode : signaler les avis un par un. Le taux de succès est inférieur à 10 %. Google ne vérifie ni l'identité de l'auteur ni la réalité de la relation patient-médecin. Un patient qui n'a jamais mis les pieds dans le cabinet peut publier un avis. Un concurrent peut créer un faux compte. Google considère que la plupart des avis relèvent de la liberté d'expression.

Ces quatre méthodes échouent parce qu'elles jouent selon les règles de Google. La seule approche qui fonctionne, c'est de changer de terrain.

4. La voie RGPD : la seule méthode qui aboutit à une suppression durable

La suppression durable de la fiche Google d'un médecin repose sur l'article 17 du Règlement Général sur la Protection des Données, qui consacre le droit à l'effacement. Ce droit permet à toute personne de demander la suppression de ses données personnelles lorsque le traitement est illicite.

La Cour d'appel de Chambéry, dans son arrêt du 22 mai 2025 (n° 22/01814), a jugé que la création d'une fiche Google pour un professionnel de santé sans son consentement constitue un traitement illicite. C'est le précédent juridique le plus solide en la matière.

La Cour a retenu quatre motifs décisifs. La fiche a été créée sans information préalable ni consentement, en violation de l'article 14 du RGPD. Le secret médical empêche le professionnel de répondre aux avis, créant un déséquilibre structurel. La finalité réelle du traitement est commerciale, publicité ciblée, Google Ads, ce qui contrevient au principe de transparence. Et le système d'avis anonymes et non vérifiés ne contribue pas de manière significative à l'information du public.

Google a été condamné à supprimer la fiche sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à verser 10 000 euros de dommages-intérêts et 40 000 euros au titre des frais de justice.

5. Comment se déroule concrètement la suppression

La procédure commence par une mise en demeure adressée à Google Ireland Limited, l'entité responsable du traitement des données pour l'Union européenne. Cette mise en demeure doit être précise et juridiquement étayée. Elle caractérise l'absence de consentement du médecin, l'absence d'information préalable, la finalité commerciale dissimulée du traitement, et l'impossibilité de se défendre imposée par le secret médical.

La référence à l'arrêt de Chambéry dans la mise en demeure change le rapport de force. Google ne dispose plus de décisions contradictoires pour justifier ses refus.

En cas de refus, deux voies de recours existent. La saisine de la CNIL par une réclamation fondée sur l'article 77 du RGPD. Et l'action judiciaire au fond, désormais consolidée par la jurisprudence.

Une mise en demeure bien construite aboutit généralement à une suppression dans un délai de 7 à 14 jours. La fiche disparaît intégralement : le panneau latéral avec la carte, les horaires, le numéro de téléphone, les étoiles et les avis. Tout disparaît. Définitivement.

6. Quels médecins sont concernés

Le raisonnement de l'arrêt de Chambéry est transposable à l'ensemble des professionnels de santé soumis au secret médical. Médecins généralistes, chirurgiens, psychiatres, dermatologues, gynécologues, ophtalmologues, cardiologues, pédiatres, chirurgiens-dentistes, kinésithérapeutes, ostéopathes, psychologues : tous sont concernés dès lors que leur fiche a été créée sans leur consentement.

Le fondement de la suppression n'est pas la spécialité médicale. C'est l'absence de base légale du traitement combinée à l'impossibilité de se défendre imposée par le secret professionnel.

Le raisonnement s'étend au-delà du secteur médical. Les avocats, soumis au secret professionnel par les articles 1.3 et 2.1 du RIN, les notaires et les experts-comptables peuvent invoquer la même jurisprudence.

7. Ce que le médecin conserve après la suppression

La suppression de la fiche Google d'un médecin n'affecte que la fiche Google Business Profile et les avis associés. Rien d'autre.

Le médecin conserve sa présence sur Doctolib, les Pages Jaunes, le site du Conseil de l'Ordre, Ameli, Waze et tout autre annuaire professionnel. Son site internet personnel continue d'apparaître normalement dans les résultats de recherche Google.

La seule chose qui disparaît, c'est le panneau latéral dans les résultats Google avec les étoiles, les avis et la notation. Plus personne ne peut noter le médecin sur Google. Les patients qui le cherchent le trouvent via son site, Doctolib ou les annuaires. Mais sans un système de notation imposé sans son consentement.

C'est la différence entre être visible sur Google et être noté sur Google. La suppression de la fiche supprime la notation, pas la visibilité.

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Questions fréquentes

Un médecin peut-il vraiment faire supprimer sa fiche Google définitivement ?

Oui. Depuis l'arrêt de la Cour d'appel de Chambéry du 22 mai 2025, la suppression durable de la fiche Google d'un médecin est juridiquement validée sur le fondement de l'article 17 du RGPD, dès lors que la fiche a été créée sans son consentement.

Combien de temps faut-il pour obtenir la suppression ?

Avec une mise en demeure juridiquement solide adressée à Google Ireland Limited et appuyée sur la jurisprudence Chambéry 2025, la suppression intervient généralement dans un délai de 7 à 14 jours.

Pourquoi le secret médical empêche-t-il de répondre aux avis ?

Confirmer ou infirmer publiquement l'existence d'une relation thérapeutique avec un patient constitue une violation de l'article R.4127-4 du Code de la santé publique, sanctionnée par l'article 226-13 du Code pénal d'un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende.

Que se passe-t-il pour ma présence en ligne après la suppression ?

Vous conservez intégralement votre présence sur Doctolib, les Pages Jaunes, le site du Conseil de l'Ordre, Ameli et votre site internet personnel. Seuls la fiche Google Business Profile et le système de notation associé disparaissent.

Cette procédure fonctionne-t-elle aussi pour les autres professions de santé ?

Oui. Le raisonnement de l'arrêt de Chambéry s'applique à toutes les professions soumises au secret médical : dentistes, chirurgiens, psychiatres, dermatologues, gynécologues, ophtalmologues, kinésithérapeutes, ostéopathes, psychologues, ainsi qu'aux avocats et notaires soumis au secret professionnel.

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